Le cycle de l'eau : une ressource infinie, une rareté fabriquée

Le cycle de l'eau : une ressource infinie, une rareté fabriquée

J'ai pensé bon de faire un rappel que "rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme" sur notre belle Terre-mère.
L'eau ne déroge pas à se principe essentiel de transmutation car il y aura toujours la même quantité d'eau sur la "Planète bleue", à la goutte près.

Puisque nous sommes fait en plus majoritairement d'eau, nous allons revoir certains principes simples des cycles de l'eau en rajoutant ma petite pincée de sel en vous parlant des vertus de l'eau de mer qui est en quantité importante et qui pourrait permettre de relancer l'agriculture d'une belle manière. Et bien plus...

Un rappel du CM1

1 400 millions de km³.
C'est la quantité d'eau présente sur Terre.
Un chiffre qui n'a pratiquement pas bougé depuis 3,8 milliards d'années.
L'eau qui coule aujourd'hui de votre robinet a peut-être déjà été bue par des animaux d'un temps lointain ou des humains d'une autre ère, gelée dans une calotte glaciaire il y a 20 000 ans, ou évaporée au-dessus d'un océan disparu.

Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme : la formule de Lavoisier s'applique ici donc à la lettre. L'eau suit un cycle fermé, évaporation, condensation, précipitation, ruissellement, infiltration, puis de nouveau évaporation, qui ne connaît ni début ni fin, et surtout aucune perte nette.

Ce n'est pas une ressource qu'on consomme et qui s'épuise, comme le charbon ou le pétrole

C'est une ressource qui circule, indéfiniment, en quantité constante.


Alors pourquoi parle-t-on aujourd'hui de « pénurie d'eau », de « stress hydrique », de factures qui augmentent, de restrictions, de marchés de l'eau ?
Si la quantité globale ne change pas, d'où vient cette rareté qu'on nous présente comme une fatalité naturelle ?

Le cycle de l'eau, en bref

Avant d'aller plus loin, un rapide rappel du mécanisme lui-même :

  • Évaporation : le soleil chauffe les océans, lacs et rivières ; l'eau liquide se transforme en vapeur et monte dans l'atmosphère.
  • Condensation : en altitude, la vapeur se refroidit et forme les nuages.
  • Précipitation : l'eau retombe sous forme de pluie, neige ou grêle.
  • Ruissellement et infiltration : une partie rejoint directement les cours d'eau, une autre s'infiltre dans le sol pour recharger les nappes phréatiques.
  • Retour à la mer : rivières et fleuves ramènent l'eau vers les océans, et le cycle recommence.

Ce circuit est autonome, gratuit, et fonctionne depuis des milliards d'années sans intervention humaine.

La « rareté » n'est donc jamais une question de quantité disponible à l'échelle planétaire, c'est une question de répartition, d'accès, et surtout de qui contrôle les infrastructures qui permettent d'y accéder.



De l'abondance naturelle à la rareté économique

C'est là que le parallèle avec le pétrole devient éclairant. Le pétrole, lui, est une ressource qu'on nous prétend depuis plusieurs décennies comme étant "finie", on ne pourrait pas le régénérer à l'échelle humaine.

Un exemple pour vous démontrer que tout cela est faux et qu'on crée des marchés industriels afin de produire la rareté d'un élément ou d'un produit.

« Je n’ai rien inventé. J’ai simplement mis bout à bout trois procédés qui figurent dans tous les bons livres de chimie depuis plus d’un siècle », assure modestement Grégoire Kaplan, créateur du carburant K.
Avec ce procédé, 4 kg d’herbes sèches donnent 1 kilo d’or noir, en moins d’une semaine ! 

« Des études menées par un consortium de laboratoires co-financées par l’union européenne à hauteur de 9 millions de francs ont également montré que le process pouvait être industrialisé et que le produit était même plus stable que l’essence, issu de l’énergie fossile »

Pour en savoir plus, il y a un article de journal ici :
https://www.estrepublicain.fr/actualite/2011/05/09/l-homme-qui-fabrique-du-petrole

Le parallèle de l'eau avec le pétrole est intéressant car son prix n'a jamais reflété uniquement sa rareté géologique : il a été construit, negocié, régulé par des cartels (l'OPEP en est l'exemple le plus connu), des accords géopolitiques, des quotas de production volontairement restreints pour maintenir les cours.
La rareté du pétrole est organisée et l'état y ajoute son lot de taxes.
Et vu que cela provient de forage et qu'il provient d'en dessous la terre, on ne peut pas "voir" comment il se crée, ni combien vraiment il peut y avoir de pétrole alors que pour l'eau, les mers et les océans, ainsi que les lacs, les rivières ou encore les fleuves ne peuvent pas être occulté... Ni la pluie...quand elle tombe...

Avec l'eau donc, nous avons une ressource, elle, réellement abondante et renouvelable.
Le mécanisme peut sembler paradoxal, mais il suit une logique proche : ce n'est pas la ressource elle-même qui est rare, ce sont les points de passage obligés qui le deviennent.

  • Le contrôle des infrastructures : canalisations, barrages, stations de traitement, réseaux de distribution. Posséder ou exploiter ces infrastructures — via des concessions à des entreprises privées, comme cela existe dans de nombreuses communes françaises — revient à posséder un péage sur un bien qui, à la source, ne coûte rien.
  • Les normes et la réglementation : les seuils de qualité, les procédures de traitement, les certifications, définissent qui a le droit de distribuer, de facturer, de vendre. Ces normes sont nécessaires à la santé publique — mais elles deviennent aussi des barrières à l'entrée qui consolident des positions de marché.
  • La taxation et la tarification : chaque mètre cube facturé intègre des taxes, des redevances d'agences de bassin, des marges d'exploitation. Le prix payé ne reflète pas la valeur de l'eau elle-même (nulle, puisqu'elle est naturellement abondante) mais le coût — et la rentabilité — du système mis en place pour la capter, la traiter et la faire circuler.
  • La création de marchés : bourses de l'eau, droits de prélèvement échangeables, marchés à terme sur l'eau agricole (comme cela existe déjà en Californie, où l'eau est cotée à la bourse de Chicago depuis 2020). Oui, vous lisez bien, depuis 2020. Ce qui était un cycle naturel devient un actif financier sur lequel on peut spéculer.

Des aqueducs romains aux réseaux coupés : une histoire de choix, pas de fatalité

La France offre un terrain d'observation particulièrement riche pour comprendre que le réseau d'eau n'a jamais été unique, ni figé : plusieurs générations de réseaux se sont superposées, et certaines ont été délaissées bien avant d'être devenues obsolètes techniquement. Ce qui va nous permettre de mieux comprendre comment on a crée de la rareté au fil des siècles.

L'exemple le plus spectaculaire reste l'aqueduc romain de Nîmes, dont le Pont du Gard constitue le tronçon le plus connu. Je le connais bien car quand j'étais petit, j'allais souvent me baigner par là bas car je suis originaire de Nîmes. Ma tante qui vit encore dans le coin me permettait de découvrir ce lieu incroyable, d'y faire du kayak et de me ressourcer dans cette eau tout en observant cet édifice d'un autre temps.



Construit au Iᵉʳ siècle, il achemine par simple gravité entre 30 000 et 40 000 m³ d'eau par jour depuis les sources d'Uzès jusqu'à Nîmes, sur 50 km, avec une pente moyenne dérisoire de 25 cm par kilomètre — une prouesse technique que personne ne recommencera avant plusieurs siècles. Il ne fonctionne pleinement que 140 ans environ avant un déclin progressif à partir du IIIᵉ siècle, puis un abandon complet vers le VIᵉ siècle, c'est ce qu'on nous raconte dans les livres d'histoire. Pas de sabotage ni de décision politique brutale ici : c'est l'effondrement de l'administration romaine, l'entartrage du canal et l'arrêt de l'entretien qui ont eu raison de l'ouvrage. Un cas où l'abandon suit la disparition du pouvoir capable de financer le réseau, et non un manque d'eau. En somme, nous avions un système très performant qui avait été installé et on l'a "laissé mourir"...


Sous l'Ancien Régime, un tout autre système se met en place à Paris par exemple : 
Henri IV fait ériger en 1608 la pompe de la Samaritaine sur le Pont-Neuf pour puiser l'eau de la Seine, puis Marie de Médicis fait construire en 1613 l'aqueduc Médicis afin d'alimenter les fontaines publiques de la rive gauche et les jardins du Luxembourg.





Ce réseau royal reste toutefois clairsemé et concentré sur quelques quartiers. Le maillon essentiel de la distribution, ce sont les fontaines publiques, alimentées notamment par les sources de Belleville depuis le XIIIᵉ siècle et les porteurs d'eau, ces « maîtres de l'eau » qui puisaient à la Seine ou aux fontaines pour livrer les foyers, moyennant quelques sous par étage.

 

Une corporation organisée, qui obtient même en 1698 l'exclusivité de l'accès à certaines fontaines, et qui compte jusqu'à 29 000 membres à la fin du XVIIIᵉ siècle : 
l'eau, bien commun gratuit à la source, circulait alors via un service payant mais décentralisé, sans compteur ni abonnement individuel.

C'est l'essor industriel du XIXᵉ siècle qui rebat les cartes.
Sous Napoléon III, l'ingénieur Eugène Belgrand conçoit entre 1860 et 1866 un vaste programme d'adduction et d'assainissement pour une capitale dont la population double en une génération. En parallèle se développe une Compagnie des eaux qui vend des abonnements individuels : 20 273 en 1861, 39 104 dès 1874. Se développe tout un réseau complexe sous la ville pour conduire, par les égouts, l'eau donc voici différents types afin de vous faire prendre compte de l'ampleur de l'ingénierie produite à cette époque.



Les porteurs d'eau, eux, déclinent au même rythme, ils étaient 1 253 encore en 1860 et plus que 800 en 1875 avant de disparaître totalement à la veille de la Première Guerre mondiale, supplantés par l'arrivée de l'eau courante directement dans les immeubles à partir de 1880.

C'est précisément cette bascule qui mérite d'être questionnée.

Officiellement, la fin des fontaines et des porteurs d'eau s'explique par l'hygiénisme : après les grandes épidémies de choléra du siècle, l'eau filtrée et acheminée sous pression dans des canalisations fermées est jugée plus sûre qu'une eau puisée en surface. 

L'argument sanitaire pourrait être réel et ne doit pas être balayé.
(On a crée le problème car on voulait imposer une autre solution.)

Cependant il coïncide, presque trait pour trait, avec le passage d'un modèle d'accès collectif et faiblement facturé "la fontaine", ouverte à tous, le porteur payé à la course à un modèle d'abonnement individuel, mesuré au compteur, facturé par une compagnie.

Il est important aussi de souligner que ce type de maladie se développe avec la concentration d'individus dans un espace réduit, avec le problème de la gestion des matières fécales et du manque d'hygiène d'une partie de la population. Certains aliments peuvent permettre la prolifération de bactérie comme le Vibrio cholerae (le vibrion cholérique) car le mode de contamination premier est l'ingestion d'eau ou d'aliments souillés par des matières fécales infectées.



Si on sépare les réseaux, l'eau ne peut être victime de ce genre de problème qui est survenu, comme on le voit avec la grippe porcine par exemple, par une sur-concentration de population et un manque certain de stratégie pour "vivre ensemble".
Quand on a autant d'ingénierie aux services du "bien commun", on se pose tout de même la question de savoir comment ces contaminations sont possibles...
Y aurait-il, parfois, un laisser aller voulu, pour provoquer des changements intéressés ?

Le réseau des fontaines n'a pas été démantelé du jour au lendemain par manque de technique : il a été rendu secondaire à mesure qu'un autre réseau, plus rentable pour ses exploitants, s'imposait comme la norme.
Aujourd'hui encore, de nombreuses grandes villes françaises ont fermé ou muré d'anciennes fontaines et sources qui continuent, sous la voirie, à couler quelque part, coupées de la carte officielle de l'eau davantage par choix d'aménagement et de gestion que par nécessité physique.

Le mot « potable » : un aveu ?

Il y a quelque chose de révélateur dans le vocabulaire lui-même. « Potable » ne veut pas dire « pure », « excellente » ou « premium ».

Cela signifie littéralement qui peut être bue sans danger immédiat.

C'est un seuil minimal, pas un idéal.
Le mot vient du latin potabilis, « qu'on peut boire » une norme de passable, pas d'exigence.

Or, dans le même temps, une eau au-delà du potable filtrée, minéralisée, mise en bouteille, « source », « premium »  devient un marché à part entière, avec ses propres marges, souvent bien plus confortables que celles de l'eau du robinet. On retrouve ici une dynamique commune à d'autres secteurs essentiels (santé, énergie, alimentation) : un service public assure le minimum vital, pendant qu'une offre privée capte la valeur ajoutée au-dessus de ce seuil.


L'eau de mer, grande oubliée du cycle

Dans cette réflexion sur l'abondance naturelle de l'eau, l'eau de mer mérite une place à part. Elle représente environ 97 % du volume total évoqué en introduction, l'essentiel de ces 1 400 millions de km³ , et reste pourtant la grande absente des politiques de redistribution, cantonnée au rôle de simple étape du cycle plutôt que considérée comme une ressource en tant que telle.

Sa composition n'a rien d'anodin. L'eau de mer est une solution complexe qui contient les grands sels minéraux comme le sodium, le chlore, le magnésium, le calcium, le potassium, des sulfates, des bicarbonates mais aussi une quantité impressionnante d'oligo-éléments à l'état de traces : zinc, fer, cuivre, sélénium, manganèse, iode, silicium. On retrouve, en proportions infimes, la quasi-totalité des éléments naturels du tableau périodique, dans des formes que les organismes vivants savent naturellement assimiler.


C'est précisément ce constat qui a fasciné le physiologiste français René Quinton au début du XXᵉ siècle. En comparant la composition minérale du plasma sanguin à celle de l'eau de mer diluée, il formule sa « loi de la constance marine » : selon lui, la vie serait apparue dans les océans, et les cellules de tous les organismes complexes auraient conservé la mémoire de ce milieu d'origine. Sur cette base, il développe dès 1897 le « plasma marin », une préparation d'eau de mer filtrée qu'il utilise en dispensaires pour traiter des patients atteints de choléra, de tuberculose ou de malnutrition infantile. L'histoire de Quinton reste marquante et la médecine actuelle liée aux interêts de multinationales n'a jamais voulu démontrer scientifiquement que le plasma marin apporte un bénéfice supérieur à celui d'une simple solution physiologique car comme vous l'aurez compris avec les réseaux d'eau "potable", cette solution est très accessible, peu couteuse à mettre en place et devient, avec la notion de capitalisme, un concurrent important des industriels qui ont mis en place des marchés économiques "juteux".


L'agriculture à l'eau de mer, une piste encore marginale

Le même principe, utiliser l'eau de mer comme apport nutritif plutôt que comme simple contrainte à dessaler, inspire aujourd'hui des expérimentations en agriculture. Le journaliste et chercheur colombien Laureano Domínguez, qui s'est notamment appuyé sur des travaux menés avec l'Université d'Antioquia en Colombie, promeut depuis plusieurs décennies l'usage de l'eau de mer diluée dans l'irrigation de cultures halotolérantes (maïs, riz, café), ainsi que la création de « mareductos », des réseaux d'acheminement d'eau de mer vers les terres arides et de banques de semences résistantes au sel, développées en collaboration avec des initiatives similaires au Mexique, en Argentine et en Érythrée.

J'ai rencontré Laureano au festival Aquamour l'année passée à Venise au mois de mars car j'étais aussi invité à présenter mes travaux sur l'eau (dont les fréquences de H2O et H3O2-). Le Dr. Emmanuel Carrière était aussi présent dans le même endroit "Aquapavilion" pour que nous partagions les trois nos savoirs sur l'eau informée et l'eau de mer.


Moi-même avec Coco Tache et Laureano Dominguez sur la lagune à Venise - Mars 2025

Programme consultable ici :
https://sumus.community/wp-content/uploads/2025/02/Programme-V.2-English-.pdf


J'ai pu aller en mai 2025 avec Laureano à la rencontre d'acteurs qui utilisent l'eau de mer du coté de Barcelona en Espagne et filmer plusieurs entrevues, à la demande de Laureano, pour mieux comprendre les applications possibles en santé et pour l'agriculture régénérative. C'est tout simplement incroyable et très encourageant car l'eau de mer est un outil oublié pour permettre au vivant d'avoir une ressource hydratante avec les éléments primordiaux.

J'ai le grand plaisir de le retrouver le mois prochain en Colombie mais ca, je vous l'expliquerais dans un prochain article avec le pourquoi je pars dans ce beau pays car il y a le sujet de l'eau mais aussi celui de la "bio communication inter-espèce" qui sera le pourquoi principal de mon voyage et vous allez adoré découvrir ce nouvel épisode des échanges avec les végétaux... A suivre

Les pistes de l'utilisation de l'eau de mer sont de plus en plus explorées pour démontrer le potentiel incroyable de l'utilisation de l'eau de mer pour la régénération des sols. 
J'ai pu constater par moi-même cette utilisation à Khana Shanti Vanam en Inde.
Situé dans l'État du Telangana, au centre de l'Inde, près de la ville d'Hyderabad, ce lieu est passé d'un désert à un lieu très végétal en moins de 10 ans. 

J'y suis allé deux fois en 2024 pour rencontrer les acteurs de ce changement végétal et comprendre comment ils sont passés d'un désert à une oasis quelques années. Comment ils ont crée une "rain forest", pour cela, j'ai eu l'honneur d'en discuter avec le dr. V Ramakantha et sa fille Ananya avec mes amis Sofia Stril-rêver et Khoa Nguyen pour mieux comprendre la démarche de ce lieu vraiment incroyable.



https://heartfulness.org/forests/ourteam/

Exemple ici en photo avec la partie accueillant le plus gros Ashram au monde dont la construction à démarré en 2018.

Et une photo de 2024 :



Les utilisations donc de l'eau de mer posent une question cohérente avec le reste de cet article :
dans un monde qui borde des océans sur la quasi-totalité de son territoire habité, pourquoi l'eau de mer, gratuite à la source, disponible en quantité quasi illimitée, reste-t-elle si peu mobilisée face à une eau douce de plus en plus disputée et tarifée ?

Redistribuer plutôt que réguler ?

L'argument que porte ce article n'est pas que l'eau devrait être gratuite dans l'absolu — le traitement, l'acheminement et l'entretien des réseaux ont un coût réel, humain et matériel. Le point est ailleurs : la rareté qu'on nous présente comme une contrainte naturelle est en réalité largement une construction organisationnelle. Les mêmes infrastructures qui permettent de distribuer l'eau pourraient, en théorie, être pensées comme un bien commun redistribué selon les besoins plutôt que comme un réseau générant des flux de revenus, des instruments financiers, et des marchés dérivés.

Et l'autre son de cloche

Il serait malhonnête de s'arrêter là sans mentionner les arguments qui vont dans l'autre sens, car le débat est loin d'être tranché :

  • La tarification comme outil de sobriété : de nombreux économistes soutiennent qu'un prix — même symbolique — reste le levier le plus efficace pour limiter le gaspillage, notamment dans l'agriculture intensive ou l'industrie, qui consomment l'essentiel de l'eau douce mobilisée par l'humain.
  • Le coût réel des infrastructures : capter, traiter et acheminer l'eau jusqu'au robinet nécessite des investissements massifs (stations d'épuration, réseaux vieillissants, sécurisation sanitaire) que la seule solidarité budgétaire publique peine parfois à financer sans un mécanisme de tarification.
  • La distinction entre eau bleue et eau accessible : les 1 400 millions de km³ existent bien, mais l'essentiel est salé (océans) ou inaccessible (calottes glaciaires, nappes profondes). L'eau douce, facilement mobilisable, ne représente qu'une fraction infime de ce total — ce qui nuance l'idée d'une abondance totale et immédiatement disponible partout.
  • Le risque de la gratuité totale : certains économistes de l'eau avancent qu'une eau totalement gratuite, sans aucun signal-prix, pourrait encourager une surconsommation dans les régions déjà en tension hydrique, aggravant les déséquilibres entre bassins versants.

Le cycle de l'eau, lui, continuera de tourner, indifférent à nos structures de marché.

La vraie question qu'il nous pose n'est peut-être pas « combien coûte l'eau », mais « à qui profite le prix qu'on lui donne ». Tout comme le pétrole, on constate qu'avec son introduction en bourse depuis 2020, on souhaite fortement nous faire croire que l'eau est une denrée rare alors que je viens de vous partager une somme d'arguments et de faits historiques qui démontrent bien qu'il y a une envie de créer de la richesse sur cet élément source de vie, plutôt que d'en prendre soin, de le conserver le plus vivant possible et de le redistribuer comme un patrimoine qui appartient à tout organisme vivant.


Naturasounds est un projet d'utilité et de santé publique qui est pour reconnecter avec les cycles naturels qui nous entourent.

Le vivant nous parle, écoutons le.

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