De Davos aux forêts ancestrales : quand l'Occident cherche dans les plantes psychédéliques ce qu'il a perdu ailleurs
De Davos aux forêts amazoniennes en passant par les labos de biotech, ce que l'engouement occidental pour les psychédéliques révèle de nos sociétés et ce qu'il risque d'effacer.
Pour mieux comprendre cette frénésie occidentale pour les psychédéliques ces dernières années, il est bon de regarder ce qui se passe dans un petit coin de Suisse où se déroule une partie des actions économiques mondiales. On va pas parler de fondue ou de gruyère même si le terroir helvète mériterait qu'on s'attarde un peu sur son beau patrimoine gastronomique. On y viendra dans un autre article mais pas aujourd'hui.
Chaque hiver, la petite station suisse de Davos accueille le gratin de l'économie mondiale pour le Forum économique mondial (WEF). Climat, énergie, intelligence artificielle... et, depuis quelques années, un nouvel invité s'est glissé dans les couloirs feutrés de la station : les plantes et molécules psychédéliques. Ce qui n'était encore récemment qu'un objet de curiosité contre-culturelle est devenu, en l'espace de trois ans, un sujet de panel institutionnel, un axe d'investissement et une ligne de business plan. Il est temps de regarder d'un peu plus près ce qui se joue derrière cette vitrine — et ce qu'elle laisse dans l'ombre.
2022 : la première « Maison psychédélique » de Davos
En marge de l'édition 2022 du WEF, une organisation privée (Energia Holdings) a ouvert la toute première « Medical Psychedelics House » à Davos, un lieu dédié pendant une semaine à des conférences et tables rondes sur le potentiel thérapeutique des psychédéliques. On y a croisé des figures reconnues de la recherche — le pharmacologue David Nichols, la psychiatre Rachel Yehuda, ou encore Amanda Fielding de la Beckley Foundation — aux côtés d'investisseurs et d'entrepreneurs du secteur. L'argument mis en avant : des données cliniques de plus en plus solides, notamment sur la MDMA dans le traitement du stress post-traumatique, qui ouvrent la voie à une reconnaissance médicale de ces substances longtemps classées comme stupéfiants. (A savoir que la MDMA est parfois appelé ecstasy, est une amine sympathicomimétique, molécule de la classe des amphétamines composée majoritairement de ce psychostimulant qu'on connait bien dans les Free Party, les Rave et la musique Techno.)
Ce lieu, sciemment installé en parallèle du sommet officiel plutôt que dans son programme, avait une fonction claire : normaliser le sujet auprès d'un public de décideurs, de financiers et de responsables politiques qui n'auraient probablement jamais assisté à une conférence sur l'ayahuasca ou la psilocybine dans un autre contexte.
https://www.wholecelium.com/fr/blog/ce-qui-sest-passe-a-la-maison-psychedelique-de-davos/
2025 : le psychédélisme entre dans le costume institutionnel
Trois ans plus tard, le changement de statut est frappant. Lors du WEF 2025, c'est cette fois une organisation bien installée dans l'écosystème de la santé publique européenne, l'European Brain Council (EBC), qui coorganise une journée entière consacrée à la santé mentale au sein de la « Brain House » de Davos — un espace qui revendique plus de 5 000 membres et une présence dans 144 pays. Parmi les intervenants figure Tadeusz Hawrot, directeur de PAREA (Psychedelic Access and Research European Alliance), une organisation qui milite justement pour l'intégration des psychédéliques dans les politiques de santé européennes.
On y présente également le concept de « Brain Capital » : l'idée que la santé mentale et cognitive des populations est un actif économique à part entière, au même titre que le capital financier ou humain — un rapport sur la « valeur de la production sociale » co-écrit avec la Banque mondiale y est même dévoilé la même semaine. Le message est limpide :
investir dans le cerveau, y compris via les psychédéliques, c'est investir dans la croissance.
En trois ans, on est donc passé d'un événement satellite un peu provocateur à une ligne de discours pleinement intégrée au logiciel économique dominant de Davos. Intéressant n'est-ce pas et pourquoi personne ne nous en parle ?
De la thérapie à la performance : la dérive « nootrope »
C'est là que les choses se compliquent. Le discours de Davos reste officiellement centré sur l'usage thérapeutique encadré pour traiter la dépression résistante, le stress post-traumatique, les addictions. Mais en dehors des amphithéâtres institutionnels, un autre usage prospère depuis plusieurs années : le microdosing de psychédéliques (LSD, psilocybine) comme outil de performance cognitive et de productivité, popularisé en premier lieu dans la Silicon Valley. Des amis vivants en Californie comme Lisa Azuelos, réalisatrice, me font constater aussi que dans le milieu du cinema et des séries, de l'audiovisuel donc, on fait aussi appel à ce type de stimulant sans soucis. Ce sont donc des pratiques qui se banalisent dans des secteurs précis où l'on requiert une activité cérébrale intense sur des laps de temps court pour conserver une forme de créativité riche.
Des chercheurs en sciences sociales pointent justement ce glissement : dans un article de The Conversation consacré à l'« exceptionnalisme psychédélique », des universitaires soulignent que l'usage pour optimiser la performance au travail illustre bien cette dérive, qui détourne des substances pensées comme un soin vers un outil d'auto-optimisation individuelle.
Le problème, c'est que la science ne suit pas ce narratif de « super-carburant cognitif ». Depuis 2019, une série d'études en double aveugle contrôlées contre placebo — donc bien plus rigoureuses que les témoignages anecdotiques qui alimentent les forums de microdosing — a testé l'effet de faibles doses de LSD ou de psilocybine sur l'attention, la mémoire, la créativité ou l'humeur :
- Une étude publiée dans Translational Psychiatry (Université de Maastricht, 2022) sur 34 personnes n'a trouvé aucune preuve d'amélioration du bien-être, de la créativité ou des fonctions cognitives avec de faibles doses de psilocybine, malgré des effets subjectifs et des modifications de l'EEG bien réels.
- Une méga-analyse regroupant trois essais en double aveugle (N = 171, ScienceDirect, 2025) conclut que le microdosing de psilocybine n'a pas d'effet fiable sur la pensée convergente ou divergente au-delà du placebo.
- Une revue systématique de 19 essais contrôlés contre placebo (Journal of Psychopharmacology, Polito & Liknaitzky, 2024) montre que les effets rapportés sur l'humeur ou la cognition s'expliquent en bonne partie par l'effet d'attente : les participants qui devinent correctement qu'ils ont reçu la substance active (et non le placebo) sont ceux qui rapportent le plus de bénéfices — un classique biais de « débandage » (unblinding) qui fragilise sérieusement l'argument du nootrope.
- Des essais sur le LSD à très faible dose (5, 10, 20 µg) n'ont, eux non plus, montré aucune amélioration mesurable de l'attention, de la mémoire ou des fonctions exécutives par rapport au placebo.
Autrement dit : la promesse d'un cerveau optimisé par quelques gouttes de LSD au petit-déjeuner repose aujourd'hui sur des attentes et du marketing bien plus que sur des données solides. Le film "Limitless" tente de promouvoir ce type de bénéfice mais dans la réalité, on est loin de tenir réellement car le corps physique a tout de même des limites dans sa capacité d'absorption de molécules, il est bon de le rappeler et même les praticiens d'Amazonie ne consomme pas tous les jours, un peu de bon sens sur les usages.
Ce cadrage « productivité » évacue en plus la dimension de vulnérabilité et d'accompagnement thérapeutique qui entoure ces substances dans un cadre clinique, et il ouvre la porte à une consommation auto-administrée, hors de tout suivi, dont on connaît mal les effets à long terme. Et comme on le sait, un usage quotidien provoque des dépendances, on parle ensuite d'addiction et non plus de boost pour améliorer une capacité spécifique. Il alimente un marché parallèle de compléments, de rituels de bureau et de « protocoles » vendus en ligne, très loin des essais cliniques dont on brandit pourtant les résultats pour légitimer le secteur. D'où cette réflexion portée ici à cause des bénéfices qu'ouvrent ces nouveaux marchés dont le WEF qui s'y penche très sérieusement. A nous de rester donc vigilants et conscients des dérives possibles quand on déploie autant d'énergies à vouloir "démocratiser" des substances qui ne l'ont jamais été auparavant. Et ce demander aussi : pourquoi maintenant ?
L'ouverture économique : un marché qui se structure vite
Sur le plan strictement business, la dynamique est réelle. Les études de marché évaluent le secteur des « drogues psychédéliques » à plusieurs milliards de dollars dès 2025, avec des prévisions de croissance à deux chiffres par an jusqu'au début des années 2030, tirées par les biotechs pharmaceutiques (COMPASS Pathways, MindMed, Cybin, Journey Colab, ou de grands groupes comme Johnson & Johnson positionnés sur la kétamine). Aux États-Unis, plusieurs États ont ouvert des brèches réglementaires notables : l'Oregon a mis en place dès 2023 un service légal de psilocybine encadrée, le Colorado a suivi avec sa propre loi sur les « médecines naturelles », et le Congrès américain a même fléché des financements de défense vers la recherche clinique sur les psychédéliques pour le stress post-traumatique des vétérans.
psychédélique mondiale Taille du marché des médicaments, prévisions 2023 - 2033
https://www.sphericalinsights.com/fr/reports/psychedelic-drugs-market
Cette ouverture réglementaire crée un appel d'air économique pour les acteurs occidentaux : brevets sur des molécules dérivées ou des formulations galéniques, cliniques privées de thérapie assistée, plateformes de formation de "facilitateurs", extraction et production pharmaceutique de psilocybine ou d'ibogaïne de synthèse. Beaucoup de capital-risque se positionne déjà sur ce qui est présenté comme le prochain grand cycle d'innovation en santé mentale, sur le modèle du cannabis médical une décennie plus tôt.
Sur cet exemple, on voit aussi les problèmes qui sont apparus sur le marché de la CBD, une explosion au départ puis une chute brutale de l'économie avec en plus, suivant les pays, des changements de législation qui peuvent altérer fortement le développement économique et non l'usage thérapeutique puisqu'en France, des milliers de personnes ont vu leur permis de conduire suspendu à cause de tests positif au cannabis alors qu'il avait fumé du CBD acheté dans des points légaux comme des bureaux de tabac... Tout cela est bien versatile et toujours dans le sens des gens qui régulent les lois, pas des consommateurs.
La guerre des brevets : qui possède une molécule vieille de plusieurs millénaires ?
L'ouverture économique ne se limite pas à des levées de fonds : elle passe très concrètement par le dépôt de brevets, et c'est là que la tension avec les usages traditionnels devient la plus visible. On retombe sur les mêmes travers que nous avons vécu avec le boycott de l'herboristerie vous Vichy à cause des laboratoires qui ont bien compris qu'une molécule de synthèse rapporte plus que sa version organique.
Le cas le plus documenté est celui de COMPASS Pathways, une biotech britannique cotée au Nasdaq, qui a obtenu depuis 2020 plusieurs brevets américains sur sa forme cristalline synthétique de psilocybine (baptisée « Polymorph A »), puis a déposé des demandes internationales couvrant le traitement par psilocybine d'une liste très large de troubles mentaux, ainsi que des éléments comme l'agencement de la salle de thérapie ou le comportement du thérapeute pendant la séance.
Je tiens à noter ici qu'il y a un gros soucis à vouloir synthétiser la vie car une partie de l'expérience vécue organiquement ne peut être reproduite en laboratoire et cette signature vibratoire puissante est impossible à rajouter dans ces produits de synthèse. Il est alors périlleux de vouloir faire croire que ces molécules ont les mêmes propriétés, c'est encore une escroquerie intellectuelle et du charlatanisme déguisé. On se doit de dénoncer fermement ce genre d'activité lucrative qui ne respecte toujours pas le vivant dans son intégralité.
Cette stratégie a déclenché une véritable fronde dans l'écosystème psychédélique lui-même : l'organisation à but non lucratif Freedom to Operate a déposé plusieurs recours devant l'office américain des brevets pour faire annuler ces titres, arguant que la psilocybine et ses méthodes de fabrication n'ont rien de réellement nouveau — un argument de bon sens quand on sait que des champignons contenant cette molécule sont utilisés depuis des siècles au Mexique. David Bronner (le patron de la marque de savons militante Dr. Bronner's, aussi administrateur de MAPS) est allé jusqu'à accuser publiquement COMPASS de vouloir interférer avec le programme public de thérapie à la psilocybine de l'Oregon, précisément parce que des brevets trop larges peuvent verrouiller l'accès à des thérapeutes indépendants ou à des fabricants génériques. Certains recours ont partiellement abouti (l'un des brevets de COMPASS a été redéfini de façon plus étroite par les juges), mais le principe même reste transposable à l'iboga, à l'ayahuasca ou à la mescaline : dès qu'une molécule issue d'un usage traditionnel est isolée, purifiée ou légèrement modifiée en laboratoire, elle redevient brevetable pour l'entreprise qui a fait ce travail — sans qu'aucune part de la valeur ne remonte structurellement vers les peuples qui en ont découvert et transmis l'usage pendant des générations.
C'est du vol et un viol du vivant. Aucune conscience dans cette démarche mais bien encore une fois, une envie de mettre du chaos au lieu de l'harmonie.
Des startups bien réelles sur le segment « nootrope »
La dérive n'est pas qu'un concept abstrait : elle a déjà ses marques commerciales. Aux Pays-Bas, où la vente de truffes de psilocybine (une forme du champignon qui échappe à l'interdiction locale des champignons séchés) est légale, plusieurs startups se sont engouffrées dans la brèche. Earth Resonance, par exemple, vend des programmes mensuels de microdosing en promettant à la fois un « réveil spirituel » et un gain de productivité au travail, avec une communication publicitaire calibrée pour les réseaux sociaux — le tout en zone grise, puisque l'entreprise se contente de rappeler à ses clients étrangers de vérifier eux-mêmes la légalité chez eux avant de commander. Red Light Holland, cotée en bourse au Canada, cultive ses propres truffes aux Pays-Bas et a signé des accords d'export de capsules de microdosing « homogénéisées » vers l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Aux États-Unis, des marques comme Flow State Micro ou Mushroom Design ont émergé dès 2021 en pariant sur une décriminalisation progressive, en vendant d'abord des mélanges de champignons « fonctionnels » non psychoactifs pour préparer le terrain commercial.
Exemple ici avec des produits de "Earth Resonance" qui, sans complexe, veulent vous vendre des molécules en poudre en mêlant deux types de champignons bien différents et complémentaires. L'un légal, l'autre non mais en ayant une communication basée sur les vertus du vivant... surprenant quand même de banaliser autant des organismes vivants aussi précieux qu'il serait préférable à chacun de faire pousser et non de consommer en poudre.
Le problème, au-delà de la question éthique, est aussi sanitaire : une partie de ce marché commercialise des produits non régulés dont la composition réelle ne correspond pas à l'étiquette. Une enquête menée sur plusieurs hospitalisations liées à des « gummies » vendues comme boosters de concentration a révélé la présence, en plus des champignons annoncés, de caféine, d'éphédrine, de psilocybine non déclarée et d'autres substances non listées — des produits vendus dans des boutiques et stations-service comme de simples compléments « naturels ». C'est l'illustration parfaite du risque que pose la dérive nootrope une fois sortie de tout encadrement thérapeutique ou rituel : sans contrôle qualité, sans dosage vérifié, et sans le suivi qu'offre un cadre clinique ou communautaire, le produit vendu comme un simple coup de pouce cognitif devient, dans les faits, une loterie sanitaire.
Ce que cette vitrine économique laisse dans l'ombre
C'est ici que la nuance devient indispensable. Ces plantes et champignons ne sont pas des molécules nées en laboratoire : ce sont des éléments de cosmologies et de pratiques de soin qui existent depuis des siècles, parfois des millénaires, au sein de peuples autochtones d'Amazonie, du Mexique ou d'Afrique centrale. L'ayahuasca chez plusieurs peuples amazoniens, le peyotl chez les Wixárika (Huichol) et au sein de la Native American Church, l'iboga chez le peuple Bwiti au Gabon : dans ces contextes, la plante n'est jamais un produit isolé de son usage. Elle s'inscrit dans un rituel, une relation de réciprocité avec le vivant, un encadrement communautaire — et n'a, à l'origine, jamais été pensée comme une marchandise.
Le peyotl, épuisé par la demande occidentale.
Le peyotl (Lophophora williamsii) ne pousse à l'état sauvage que dans une bande étroite du sud du Texas et du nord du Mexique, et met dix à trente ans à atteindre sa maturité. La Native American Church, qui l'utilise comme sacrement central depuis le XIXe siècle, alerte depuis les années 1990 sur une véritable « crise du peyotl » : surexploitation, destruction de l'habitat, et surtout pression croissante de la « renaissance psychédélique » occidentale, qui pousse une partie du grand public à vouloir en cueillir, en cultiver en dehors du Mexique ou en synthétiser des dérivés. Des responsables religieux autochtones s'y opposent frontalement : pour eux, faire pousser du peyotl en serre hors de son habitat naturel, ou en extraire la mescaline pour la vendre en gélules, revient à vider la plante de son caractère sacré — le lieu de la pousse, disent-ils, fait partie intégrante du rite. La Native American Church demande d'ailleurs explicitement que le peyotl soit exclu des campagnes de décriminalisation générale des psychédéliques, précisément pour ne pas être noyé dans cette vague commerciale.
Notez ici que je ne banalise pas le terme "shaman" pour des pratiques avec des spécialistes des états modifiés de conscience. Le mot vient du toungouse šaman, une langue sibérienne (peuples évenks). Son usage s'est généralisé au XXe siècle par les anthropologues occidentaux (Mircea Eliade en tête) pour désigner par commodité toute figure de spécialiste rituel des états modifiés de conscience, un peu partout dans le monde — un raccourci que beaucoup de chercheurs et de praticiens contestent aujourd'hui, précisément parce que ça écrase des rôles, des statuts et des cosmologies très différents sous un seul mot étranger à ces cultures.
Concernant le peyotl, voici les termes adéquates :
- Mara'akame (pl. mara'akate) — terme wixárika (huichol) précis pour le chanteur-guérisseur qui guide les cérémonies de peyotl.
- Roadman (ou Road Chief) — terme anglais consacré au sein de la Native American Church pour la personne qui dirige la cérémonie du peyotl (« guide de la route/du chemin »).
-
Peyotero — attention, ce terme désigne une fonction différente : la personne légalement autorisée à récolter et vendre le peyotl (pas nécessairement un rôle spirituel).
Vous pouvez écouter le chant médicinal du Peyotl via l'herboristerie sonore à ce lien :
https://naturasounds.bandcamp.com/track/peyotl-peyote-42962-hz-h20
L'iboga, entre pillage documenté et reprise en main.
Au Gabon, où l'iboga structure depuis des générations les rites initiatiques du Bwiti, l'intérêt international pour l'ibogaïne (utilisée notamment contre les addictions aux opiacés dans des cliniques au Mexique, aux Pays-Bas ou en Nouvelle-Zélande) a nourri un marché parallèle largement anarchique, avec un vrai risque de surexploitation des populations sauvages de la plante. Le Gabon avait déjà classé l'iboga comme patrimoine national dès 2000, mais début juin 2026, le gouvernement a dû durcir encore le cadre : un nouveau décret impose désormais une autorisation ministérielle préalable pour toute exploitation, transformation ou commercialisation de l'iboga et de ses dérivés, précisément pour endiguer la biopiraterie et protéger les droits des communautés Bwiti reconnues comme gardiennes de ce patrimoine. C'est un signal clair envoyé aux acteurs occidentaux qui voudraient s'approvisionner sans passer par la case consentement et partage des bénéfices.
Voici les termes associés aux pratiquants :
- Nganga — le terme le plus juste et le plus utilisé dans la littérature académique : prêtre-guérisseur initié, celui qui décide du dosage d'iboga et guide l'initiation.
- Kombo — autre titre pour ce même rôle de maître de cérémonie selon les traditions (Mitsogho, Fang).
- Banzi (pl. banzie) — ne désigne pas le guide mais l'initié qui a « vu » le Bwiti avec succès ; utile si tu parles des participants plutôt que du guide.
L'ayahuasca et le tourisme spirituel mal encadré.
L'ayahuasca est sans doute l'exemple le plus frappant du décalage entre usage traditionnel et récupération occidentale. Chez les peuples amazoniens, ce n'est pas un « psychédélique récréatif » : c'est avant tout un vomitif et un purgatif rituel, encadré par des années de formation de l'ayahuasquero, des diètes strictes, et un cadre cérémoniel précis où les vomissements et la diarrhée sont compris comme une purge nécessaire, pas comme un effet secondaire à éviter. Or le tourisme ayahuasca, en plein essor en Amazonie péruvienne, colombienne ou brésilienne, s'est largement développé hors de tout encadrement : pas de diplôme réglementé pour se dire « ayahuasquero », pas de dosage standardisé, pas toujours de personnel médical sur place. L'ambassade des États-Unis à Lima a d'ailleurs émis en 2025 une alerte sanitaire directe après plusieurs décès et épisodes psychiatriques sévères chez des ressortissants américains lors de retraites d'ayahuasca (et de kambo) dans des zones reculées de l'Amazonie péruvienne, loin de tout accès aux urgences. Les risques documentés incluent des interactions dangereuses avec certains antidépresseurs (syndrome sérotoninergique), des réactivations traumatiques incontrôlées chez des personnes fragiles psychiquement, et des abus commis par de faux « facilitateurs » qui profitent de l'engouement pour improviser des cérémonies sans la formation ni la responsabilité que porte traditionnellement un ayahuasquero.
Voici les termes associés pour ces pratiques :
- Curandero — le terme espagnol/quechua le plus courant et le plus précis : « celui qui soigne ». C'est le générique académique recommandé à la place de « chaman ».
- Vegetalista — spécifique au Pérou : guérisseur dont le savoir vient directement de l'apprentissage avec les plantes elles-mêmes (par les dietas).
- Ayahuasquero — spécifiquement celui qui prépare et administre l'ayahuasca (peut se recouper avec curandero/vegetalista).
- Taita — terme de respect utilisé en Colombie (vallée de Sibundoy notamment) pour désigner ces mêmes guérisseurs.
- Onanya — chez les Shipibo-Konibo (Pérou), littéralement « celui qui a la sagesse/le savoir ».
Le paradoxe européen : chercher au loin ce qui pousse sous nos pieds. 
Il y a une ironie qu'on préfère souvent ne pas voir : pendant que des Occidentaux prennent l'avion pour l'Amazonie, le Mexique ou le Gabon en quête d'une expérience psychédélique « authentique », un champignon à psilocybine bien réel — Psilocybe semilanceata, le « psilocybe lancéolé » — pousse spontanément dans les prairies humides et pâturages d'Europe, y compris en France, dès la fin de l'été. Contrairement à l'ayahuasca ou à l'iboga, il n'est rattaché à aucune tradition rituelle locale continue comparable, et sa cueillette, sa détention et sa consommation restent strictement interdites dans la quasi-totalité des pays européens, classées au rang de stupéfiant au même titre que l'héroïne dans certains textes. Ce contraste — un usage étranger idéalisé et commercialisé d'un côté, une ressource locale simplement criminalisée de l'autre — dit quelque chose d'important : le problème n'est pas seulement l'accès à la molécule, c'est l'absence quasi totale, en Europe, d'un cadre culturel et rituel propre qui donnerait sens et sécurité à ces expériences, plutôt que de les importer clé en main depuis d'autres cosmologies.
Or la ruée occidentale vers ces substances comporte un risque bien documenté de biopiraterie : dépôt de brevets sur des molécules ou des variétés, appropriation de savoirs traditionnels sans consentement ni partage des bénéfices, et pression économique sur des ressources déjà fragiles. Le Protocole de Nagoya (2010) existe précisément pour encadrer l'accès aux ressources génétiques et le partage juste des bénéfices avec les communautés d'origine, mais son application reste largement insuffisante face à la vitesse de l'industrialisation en cours.
Voici pourquoi nous avions produit avec mon ami anthropologue Jeremy Narby une entrevue vidéo afin de sensibiliser à ces pratiques car ces plantes ne sont pas faites pour tout le monde et il est important d'être conscient des répercussions possibles si on souhaite une expérience psychédélique :
Quand on retire le rituel, on retire la protection
C'est peut-être le point le plus mal compris de tout cet engouement : dans les traditions d'origine, le rituel n'est pas un décor folklorique autour de la molécule, c'est le dispositif de sécurité lui-même. Chez les peuples amazoniens, la diète préparatoire, la présence d'un ayahuasquero expérimenté, le cadre communautaire et le sens même donné à la purge physique (vomir n'est pas un accident, c'est le but) forment un ensemble cohérent qui contient et oriente une expérience potentiellement déstabilisante. Quand ce cadre disparaît, parce qu'on a isolé la molécule active, raccourci le rituel à un week-end de retraite payant, ou remplacé le maître spirituel par un facilitateur autoproclamé, on ne garde que la partie la plus imprévisible de l'expérience, sans le filet qui la rendait traversable.
C'est ca aussi que je cherchais à comprendre avec la banalisation de mouvements comme "decriminalize nature" dont son antenne Francaise que j'ai pu rencontrer en mars 2026 sur Lyon, pourquoi des occidentaux souhaitent banaliser sur nos sols des rituels ancestraux qui nous sont totalement inconnus. Mes recherches font que j'ai souhaité y adhérer pour contribuer à cette oeuvre collective via mon parcours personnel et professionnel et on m'a tout simplement refusé ma participation.
Non pas pour mes travaux, qu'on affirme être très pertinent mais parce que "j'aurais un comportement difficile à gérer" (sans me connaitre c'est assez fort comme "jugement"). Pourtant j'ai pu discuter avec joie avec plusieurs personnes présentes dont mon ami Jeremy Narby qui était heureux de m'y retrouver, j'ai suivi des échanges en étant assis à coté de Ansgar Rougemont, que j'avais déjà rencontré sur des sessions suisses quand j'avais collaboré avec la fondation ALPS en 2021/2022 car j'avais proposé de filmer leurs conférences. J'avais eu des échanges cordiaux via les réseaux avec Zoé Hababou, de même avec Balthazar Benadon. J'ai eu le plaisir d'y rencontrer Louis David Salmon ainsi que Ludovic Mattern, le président de l'association qui vient de Belfort avec qui nous avons eu des échanges très sympathiques. Dès lors, j'avoue que je n'ai pas compris pourquoi on m'a remboursé ma participation et qui vraiment a "peur" de ma personne dans un cadre qui était bien inscrit dans une journée "ouverte à tous".
"Cette rencontre propose de croiser les regards : peuples et traditions, chercheurs, praticiens, auteurs, juristes, thérapeutes, citoyens engagés... Non pour apporter des réponses toutes faites, mais pour ouvrir des ponts."
Ceux qui me suivent, vous savez le respect que j'ai des plantes enseignantes et de ma dévotion à participer avec bon sens au bien commun pour mieux comprendre les usages et potentiels de chaque plante dite médicinal en commençant par écouter son chant thérapeutique pour ouvrir les esprits par des travaux mêlant art et science. Travaux d'utilité et de santé publique.
Si vous arrivez à me dire pourquoi on refuse ma participation à de tels engagements citoyens avec un travail conséquent et pionnier comme le mien, j'avoue que je suis preneur car je ne comprend toujours pas qui et vraiment pourquoi on souhaiterait bloquer de la sorte une oeuvre collective où l'on sous-entend "ouvert à tous" avec en plus des travaux qui apportent des solutions avec le bénéfice d'être non intrusif, sans effet secondaire, ni de surdosage car je propose d'écouter l'esprit de ces plantes et de communiquer avec elles via le son et non de les ingérer.
Un exemple ici de ma participation dévouée à la cause car j'ai été bénévole deux ans pour filmer et monter des échanges produits par la fondation ALPS (Awareness Lecture on Psychedelic Science) avec ici le montage de la conférence de Ansgar Rougemont en 2022 à Berne avec en générique le chant thérapeutique du mapacho dont les graines m'ont été offerte par Jeremy Narby en 2021 :
Ayant vécu en plus 3 ans en Amérique latine, j'ai étudié le cacao avec passion, ce sont les cacaoyers qui m'ont ouvert à la bio-communication et à aucun moment je ne vous ai proposé des cérémonies de "cacao sacré" pourtant légal dans nos pays ou autre "facilité" pour comprendre l'esprit du cacao par exemple. Je n'ai pas non plus banalisé, avec mon expérience ayahuasca, le potentiel vous en faire prendre, tout le contraire car j'ai sensibilisé aux risques plutôt qu'aux bénéfices de ces plantes maitresses en rencontrant nombre d'acteurs important comme Jeremy Narby qui soutien mes travaux et comprend le message que je partage dont avec mon livre "La mélodie secrète des végétaux" qui pour lui devrait avoir la même destiné que "le serpent cosmique". Jeremy me dit que ca va prendre du temps mais quand les gens comprendront le message, cela va ouvrir beaucoup de portes à ceux qui s'éveilleront au potentiel de la bio-communication inter-espèce.
J'ai eu l'opportunité aussi dans mes recherches de pouvoir rencontrer d'autres références comme Ansgar Rougemont, Rick Doblin (fondateur et président de l'Association multidisciplinaire pour les études psychédéliques - MAPS aux états-unis), Helena Aicher (psychologue clinicien à l'Hôpital universitaire de psychiatrie de Zurich), Matthias Liechti (médecin-chef en pharmacologie clinique et directeur d’un laboratoire de recherche au sein du département biomédical de l’Hôpital universitaire de Bâle), Gregor Hasler (hercheur suisse en psychiatrie, psychiatre et psychothérapeute. Il est professeur et titulaire de la chaire de psychiatrie et psychothérapie à l'Université de Fribourg en Suisse) ou encore Ose Hein (homépathe et médecin généraliste à Soleure en suisse). Ceci grâce à Cyril Petignat et Federico Seragnoli de la fondation ALPS.
J'ai trop de respect pour ces plantes enseignantes pour prétendre en partager l'essence ou un usage médicinal. D'où les partages par les chants thérapeutiques des plantes médicinales, comme les Icaros, qui permettent une mise en relation avec l'esprit de la plante sans ingestion afin de présenter un aspect qui a le mérite de ne pas provoquer d'effets secondaires, qui ne sont pas intrusif et ne donne pas de surdosage. Ce qui est crucial quand on veut partager un peu d'une culture qui n'est pas la notre, c'est de proposer une présentation totalement sans risque, ce qui n'est pas du tout le cas avec les "facilitateurs" qui n'ont pas conscience des dosages, de la partie psychanalytique et l'accompagnement psychologique de chaque personne qui pense être prête à un usage et une expérience psychédélique.
Comme le dit si bien Jeremy Narby, psychédélique veut dire "qui révèle la psyché", c'est à dire que cela va amplifier qui vous êtes vraiment. Autant être prêt à affronter sa véritable nature et d'être ancré pour ne pas être secoué comme l'a été mon ami Pierrick Destraz avec son expérience en suisse de l'ayahuasca.
C'est exactement ce que révèlent les alertes sanitaires : des réactivations traumatiques non accompagnées, des états psychotiques prolongés, des interactions médicamenteuses mortelles, dans des contextes où personne n'a vérifié les antécédents psychiatriques du participant ni son traitement en cours — des vérifications qui, dans un cadre traditionnel bien tenu, sont en toute logique intégrées à la préparation. Le tourisme spirituel occidental cherche souvent, chez des personnes en quête de sens dans des sociétés désenracinées et coupées de tout rapport direct au vivant, une transcendance rapide, contractuelle, calée sur un billet d'avion et quelques jours de congés. Mais une cosmovision qui a mis des générations à construire un rapport de confiance et de précaution autour d'une plante ne se transmet pas en un week-end all-inclusive — et vendre cette promesse-là, c'est vendre du rêve à des gens vulnérables, pas transmettre une tradition.
Le vrai marché, c'est notre anxiété collective
Il faut aussi regarder ce phénomène depuis sa racine :
pourquoi cette demande explose-t-elle précisément maintenant ?
Selon l'OMS, plus d'un milliard de personnes dans le monde vivent aujourd'hui avec un trouble de santé mentale, et en France, une personne sur cinq est concernée par un trouble psychique à un moment de sa vie, avec un salarié sur quatre qui se déclare en mauvaise santé mentale. Dans les zones directement touchées par un conflit armé, l'OMS estime qu'une personne sur cinq souffre de dépression, d'anxiété ou de stress post-traumatique — et l'exposition permanente aux images de guerre, même à distance, produit désormais des symptômes similaires chez des populations qui ne vivent pourtant pas le conflit directement : une étude menée en 2025 sur la population de Gaza a par exemple mesuré un taux extrêmement élevé de stress post-traumatique probable, et des chercheurs documentent depuis 2024 une authentique « anxiété informationnelle » liée au défilement continu d'actualités anxiogènes sur les réseaux sociaux.
Guerres en Ukraine et au Proche-Orient, précarité économique, éco-anxiété, sentiment d'impuissance face à des crises qui semblent s'accumuler sans qu'aucune action individuelle ne pèse dessus : nos sociétés occidentales produisent, structurellement, un climat d'angoisse permanent. Et c'est précisément ce terreau anxieux qui rend le marché psychédélique si attractif pour les investisseurs : une détresse psychique massive et mal traitée par les systèmes de santé existants est, du point de vue d'un fonds de capital-risque, un besoin insatisfait à fort potentiel, exactement le vocabulaire qu'on retrouve dans les argumentaires commerciaux du secteur.
Mais voilà le nœud du problème : ces substances ne traitent pas la cause. Elles n'arrêtent pas une guerre, ne réduisent pas la précarité, ne redonnent pas de prise sur l'avenir climatique. Dans les cosmologies d'origine, la plante enseignante n'a d'ailleurs jamais eu la prétention de « réparer » un individu isolé de son contexte social : son usage s'inscrit dans une cosmovision entière, un rapport au temps long, à la communauté, aux ancêtres, au non-humain qui donne sens à l'expérience et qui, surtout, prépare la personne à la traverser. Rien de tout cela ne s'achète en gélule ni ne se règle en une soirée facturée. Or l'Occident contemporain a largement perdu ses propres rites de passage collectifs, ses cadres d'initiation, sa culture du sacré partagé, ce qui laisse un vide que le marché s'empresse de combler par des produits individuels, rapides, et surtout rentables : une session, un protocole, un abonnement.
C'est là que se niche la dérive la plus profonde, plus profonde encore que celle du nootrope de bureau : vendre une expérience psychédélique isolée comme réponse à une détresse existentielle et collective, sans transmettre ni le cadre, ni la préparation, ni l'accompagnement au long cours qui permettraient de vraiment l'intégrer, c'est proposer un pansement pharmacologique là où il faudrait un travail de reconstruction — individuel autant que collectif — bien plus lent et bien moins profitable. On ne s'étonnera donc pas que ce soit la version « produit », rapide et scalable, qui attire les capitaux, plutôt que la version lente, relationnelle et non rentable de la transmission traditionnelle.
Ce vide d'éducation spirituelle explique aussi pourquoi tant de « facilitateurs » autoproclamés trouvent un public en Occident : dans une société qui a coupé le lien entre spiritualité et communauté, n'importe qui peut se revendiquer expert d'une pratique qu'il n'a souvent lui-même reçue ni des années de formation, ni la légitimité d'une communauté d'origine — avec le risque réel que des personnes fragiles, en quête sincère de sens, placent leur confiance dans des figures publiques davantage soucieuses de leur propre position et de leur audience que d'un véritable accompagnement. Ces gourous 2.0 qui vous vendent du rêve en faisant croire qu'ils ont la solution pour vous. Attention donc à ne pas tomber dans le piège de ces personnes qui ont plutôt des interêts cachés qu'une reconnexion sincère d'autrui au vivant et à nos racines communes avec les esprits de la nature, là où l'âme agit.
Pour une économie qui n'efface pas la source
Il y a donc deux histoires qui se déroulent en parallèle et qu'il ne faut pas confondre. D'un côté, une reconnaissance scientifique et économique légitime du potentiel thérapeutique de certaines molécules comme on peut le voir en Suisse avec des méthodes et protocoles strictes qui valident en effet des bénéfices médicinaux de ces substances dans un cadre clinique, qui peuvent soulager des personnes en souffrance là où la psychiatrie conventionnelle a échoué.
De l'autre, un risque réel de désincarner ces plantes de leur contexte, de les réduire à des « actifs » interchangeables — qu'ils soient thérapeutiques ou, pire, de simples outils de productivité — en effaçant les peuples et les cosmovisions qui en sont les gardiens depuis toujours.
Chez Naturasounds, notre responsabilité en tant que projet d'utilité et de santé publique est que ces deux mondes peuvent coexister, mais seulement si l'économie occidentale qui se construit autour de ces plantes intègre, dès le départ, la réciprocité : reconnaissance des savoirs, partage réel des bénéfices, protection des écosystèmes sources, et surtout, le respect du fait que l'usage originel n'a jamais été et ne devrait jamais devenir une simple ligne de produit. Une plante qui soigne dans un mode de vie interconnecté au vivant n'a pas vocation à finir en gélule de productivité vendue sur une marketplace. D'où la revalorisation de ces plantes dans un espace que j'ai nommé "herboristerie sonore" afin de transmettre à tous le message des plantes par leurs chants thérapeutiques.
Le plus important étant de revaloriser notre patrimoine avec des plantes médicinales de nos territoires avant de croire que l'herbe est plus verte ailleurs...
Le vivant nous parle, écoutons le.
Lien vers l'herboristerie sonore :
https://naturasounds.bandcamp.com/
Voici les liens vérifiés pour quasiment toutes les sources citées dans l'article :
Davos
- Wholecelium, Ce qui s'est passé à la maison psychédélique de Davos : https://www.wholecelium.com/fr/blog/ce-qui-sest-passe-a-la-maison-psychedelique-de-davos/
- European Brain Council, EBC in Davos 2025 : https://www.braincouncil.eu/event/ebc-davos2025/
The Conversation
Dérive nootrope (études scientifiques)
- Kuypers et al. (Cavanna et al.), Translational Psychiatry (2022) : https://www.nature.com/articles/s41398-022-02039-0
- Polito & Liknaitzky, Journal of Psychopharmacology (2024) : https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/02698811241254831
Brevets
- Vice, Judges Deny Challenge to Psilocybin Patent : https://www.vice.com/en/article/judges-deny-challenge-to-psilocybin-patent/
- Vice, New Filing Challenges Compass Pathways' Infamous Patent : https://www.vice.com/en/article/synthetic-psilocybin-patent-challenge-compass-pathways/
- Psychedelic Spotlight : https://psychedelicspotlight.com/compass-pathways-psilocybin-patent/
- Psymposia : https://www.psymposia.com/magazine/compass-pathways-is-trying-to-patent-psilocybin-for-more-mental-health-conditions-than-you-can-name/
- Bloomberg Law : https://news.bloomberglaw.com/ip-law/compass-pathways-new-patents-on-psilocybin-challenged-in-u-s
- Dr. Bronner's (David Bronner) : https://info.drbronner.com/all-one-blog/2021/03/sounding-the-alarm-on-compasss-interference-in-oregons-psilocybin-therapy-program/
Startups microdosing
- Sifted, Europe's microdosing startups chasing the holy grail of hustle culture : https://sifted.eu/articles/europe-microdosing-companies
- Sifted, The startups that microdose magic mushrooms : https://sifted.eu/articles/startups-microdosing
- Beauty Independent : https://www.beautyindependent.com/new-crop-wellness-startups-joining-mushroom-rush/
- Vice, People Are Microdosing Mushrooms—and Poisoning Themselves : https://www.vice.com/en/article/people-are-microdosing-mushrooms-and-poisoning-themselves/
Peyotl
- KUER : https://www.kuer.org/race-religion-social-justice/2024-12-26/peyote-sacred-to-native-americans-threatened-by-psychedelic-renaissance-and-development
- NBC DFW : https://www.nbcdfw.com/news/local/texas-news/psychedelic-renaissance-development-threaten-peyote/3728887/
- Society of Ethnobiology : https://ethnobiology.org/peyote-conservation-and-native-american-church
Iboga
- Gabonmediatime : https://gabonmediatime.com/gabon-lautorisation-ministerielle-desormais-obligatoire-pour-lexploitation-et-la-commercialisation-de-liboga/
- Gabonactu : https://gabonactu.com/blog/2026/06/10/iboga-le-gabon-impose-une-autorisation-prealable-pour-toute-exploitation/
- Gabonreview : https://www.gabonreview.com/iboga-desormais-aucune-exploitation-sans-le-feu-vert-de-letat-gabonais/
Ayahuasca
- U.S. Embassy Lima, Health Alert : https://pe.usembassy.gov/health-alert-do-not-use-ayahuasca-kambo/
- Peru Travel Advisory (State Dept) : https://travel.state.gov/content/travel/en/traveladvisories/traveladvisories/peru-travel-advisory.html
Champignons psilocybine européens
- Wikipédia FR : https://fr.wikipedia.org/wiki/Psilocybe_semilanceata
- Guide-Champignon.com : https://www.guide-champignon.com/psilocybe-semilanceata/
- Tangerine Retreat : https://tangerineretreat.com/fr/legalite-de-la-psilocybine-en-france/
Biopiraterie
- Wikipédia FR : https://fr.wikipedia.org/wiki/Biopiraterie
- Courrier de l'UNESCO : https://courier.unesco.org/fr/articles/quand-la-biopiraterie-prend-racine
Anxiété collective
- OMS, communiqué (sept. 2025) : https://www.who.int/fr/news/item/02-09-2025-over-a-billion-people-living-with-mental-health-conditions-services-require-urgent-scale-up
Études de marché
- Fortune Business Insights : https://www.fortunebusinessinsights.com/psychedelic-drugs-market-109470
- Roots Analysis : https://www.rootsanalysis.com/reports/global-psychedelic-therapeutics-market.html
- Mordor Intelligence : https://www.mordorintelligence.com/industry-reports/psychedelic-drugs-market